Collection privée Collection Louis de France, collection historique de manuscrits à Dortmund, Allemagne
Musée en ligne Collection Louis de France | Collection et collection de manuscrits M. Brand-Gluesing | Collection privée à Dortmund de manuscrits historiques, documents, estampes et chartes de l’époque de l’Ancien Régime français, Dortmund, Allemagne

Saint
Cloud

La résidence disparue

Le Château de
Saint-Cloud

Histoire d’une résidence disparue

Entre splendeur de cour, architecture disparue et culture française de la mémoire

„I have never seen anything more beautiful.“ [Queen Victoria, 1819 – 1901][1] – Ce jugement de la reine britannique sur le Château de Saint-Cloud s’inscrit au terme d’une longue histoire de la perception de la résidence par la cour : encore au XIXe siècle, le château apparaissait non seulement comme une résidence, mais comme une composition exceptionnelle d’architecture, de terrasses, d’espaces intérieurs, d’ouvrages hydrauliques et de paysage.

Précisément parce que le château lui-même a aujourd’hui disparu, Saint-Cloud constitue un lieu de mémoire singulier. La Domaine national de Saint-Cloud actuelle permet encore de mesurer les dimensions de l’ancien domaine, tandis que le château ne subsiste plus que dans les plans, les estampes, les photographies, les inventaires et les descriptions.
L’histoire de cet édifice ne commence toutefois pas avec les Bourbons, dernière dynastie régnante avant la Révolution française. Elle remonte à une agglomération romaine, à un prince mérovingien, à une culture de la villa d’inspiration italienne, aux élites financières du XVIIe siècle et, finalement, à Philippe Ier d’Orléans, dit Monsieur, frère de Louis XIV.
Saint-Cloud ne fut jamais simplement un « petit Versailles ». Sous les Gondi, Barthélemy Hervart et surtout Philippe Ier d’Orléans, le domaine se transforma en une alternative aristocratique autonome : plus libre, plus paysagère, plus intime et pourtant dotée d’une remarquable ambition représentative. C’est précisément cette tension entre retraite et scène, architecture de plaisance privée et visibilité politique qui fait de Saint-Cloud un lieu majeur de la culture de cour française.

La présente étude considère donc le château disparu non seulement comme un édifice perdu, mais comme un document historique à plusieurs niveaux. Elle suit les traces d’un lieu où histoire dynastique, art des jardins, concurrence au sein de la cour, Révolution, Empire, Second Empire et culture de la mémoire se superposent avec une densité exceptionnelle.

Origines et histoire ancienne

De l’agglomération romaine au lieu de mémoire mérovingien

Le nom de Saint-Cloud recouvre une histoire bien plus ancienne. Dès l’époque romaine, une agglomération portant le nom de Novigentum existait sur le territoire du futur bourg. De cette appellation latine dériva en français le nom de Nogent. Ce n’est que beaucoup plus tard que le lieu fut associé au prince mérovingien Clodoald, dont le nom donna finalement naissance à l’appellation aujourd’hui connue de Saint-Cloud.[2]

Clodoald (Saint-Cloud), était le fils du roi franc Clodomir d’Orléans et donc le petit-fils de Clovis Ier. Après la mort prématurée de son père, lui et ses frères Thibault et Gonthaire furent pris dans les luttes dynastiques des Mérovingiens. Leurs oncles Childebert et Clotaire revendiquèrent l’héritage des jeunes princes ; les frères de Clodoald furent tués, tandis que lui-même parvint à s’échapper.

Le jeune prince renonça alors à ses droits dynastiques et se retira avec des partisans dans les forêts de Nogent. Il y vécut comme prêtre jusqu’à sa mort, le 7 septembre 560. Après sa mort, il fut vénéré comme prince saint. Saint-Clodoald devint au fil du temps Saint-Cloud ; l’agglomération reprit ce nom et le transmit plus tard au château.

Pour les premières phases de l’histoire du futur domaine du château, les sources restent difficiles à exploiter. Dès le Moyen Âge, des propriétés situées sur les hauteurs dominant la boucle de la Seine à l’ouest de Paris, entre Sèvres et Saint-Cloud, appartinrent à plusieurs reprises à la famille royale française ou à ses branches cadettes. Toutefois, l’évolution concrète du site ne peut être reconstituée que partiellement. Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que les sources deviennent plus nombreuses et permettent de retracer le passage d’un Hôtel plus modeste à une Maison aristocratique, puis au futur Château de Saint-Cloud.

Cette incertitude même est caractéristique de l’histoire de Saint-Cloud. Le lieu ne naquit pas d’un unique grand acte fondateur, mais de strates successives de changements de propriété, de transformations, d’agrandissements et de nouvelles interprétations. Sa situation exceptionnelle au-dessus de la Seine, sa proximité de Paris puis de Versailles, les ressources en eau disponibles et les vastes perspectives en firent un emplacement idéal pour ces résidences de campagne de l’époque moderne qui acquérirent au XVIIe siècle une signification architecturale et sociale propre, sous la forme des maisons de plaisance.[3]

Katharina Krause ne considère pas la maison de plaisance comme un simple type de bâtiment, mais comme l’expression d’un nouveau mode de vie aristocratique. Contrairement aux grandes résidences cérémonielles, celle-ci associait représentation, loisirs, expérience de la nature, sociabilité et prise de distance consciente à l’égard du monde strictement ritualisé de la cour.[4] Saint-Cloud devait occuper dans cette évolution une place particulièrement marquante – comme ce fut également le cas, par exemple, du Château de Marly [voir à ce sujet LdF LA-0005], qui, malgré une histoire beaucoup plus courte, un domaine qui n’était pas issu de phases antérieures de pouvoir et de construction et une conception totalement différente sous le règne de Louis XIV, occupa néanmoins une place tout aussi exceptionnelle dans le paysage des résidences de cour.

De l’Hôtel d’Aulnay à la Maison de Gondi

Saint-Cloud comme Maison de Plaisance

Avec le XVIe siècle, les rapports de propriété et les transformations architecturales de Saint-Cloud apparaissent plus clairement. Le site abritait d’abord ce que l’on appelait l’Hôtel d’Aulnay, une propriété dont la situation au-dessus de la boucle de la Seine possédait déjà cette qualité paysagère qui allait devenir l’une des caractéristiques essentielles du château.

Un rôle décisif fut joué par Catherine de Médicis. La reine mère, originaire de Florence, séjourna apparemment plus fréquemment à Saint-Cloud à partir des années 1570 et y fit construire en 1572 une maison de plaisance orientée vers le sud. Vers 1577, elle acquit l’ensemble de la propriété. Selon des traditions plus anciennes, il ne s’agissait sans doute pas seulement de loisirs de cour. La volonté de rendre utilisable, par un aqueduc, l’eau des sources locales pour les jardins du Palais des Tuileries à Paris semble également avoir été liée à Saint-Cloud.

La même année, Catherine vendit l’Hôtel d’Aulnay, avec ses dépendances et les terres qui en relevaient, à son chevalier d’honneur et introducteur des ambassadeurs, le banquier lyonnais Jérôme de Gondi. Les Gondi, originaires de Florence, appartenaient à ce groupe de familles italiennes qui, dans l’entourage de la reine mère, associaient influence politique, puissance financière et prestige social. À Saint-Cloud, ils se créèrent aux portes de Paris une résidence de campagne qui était à la fois lieu de retraite, symbole de statut et théâtre de la sociabilité de cour.

Jérôme de Gondi fit construire autour de l’ancien bâtiment de l’Hôtel d’Aulnay une maison plus petite, composée de deux ailes disposées à angle droit. La façade principale était orientée vers le sud ; l’aile latérale dirigée vers l’ouest se terminait par un pavillon. Des jardins en terrasses reliaient l’architecture à la pente dominant la Seine et ouvraient de vastes perspectives vers Paris. Les éléments qui allaient devenir déterminants pour l’effet produit par Saint-Cloud étaient ainsi déjà en place : vue, topographie, eau et jardin comme composantes d’un cadre de vie aristocratique mis en scène.

Le 1er août 1589, Saint-Cloud devint le théâtre de l’un des événements les plus dramatiques des guerres de Religion françaises. Henri III, dernier roi de la maison de Valois, séjournait dans la Maison de Gondi pendant le siège de Paris lorsque le moine dominicain Jacques Clément pénétra dans la propriété et le blessa mortellement. Alors qu’il agonisait, Henri III confirma son beau-frère Henri de Navarre comme successeur légitime. Saint-Cloud se trouve ainsi directement lié au passage de la dynastie des Valois à la maison de Bourbon.

Après la mort de Jérôme de Gondi en 1604, la propriété changea plusieurs fois de mains au sein de la famille élargie et de son cercle de propriétaires. En 1618, Jean-Baptiste II. de Gondi vendit la Maison à Jean de Bueil, comte de Sancerre. À la mort de celui-ci, elle revint en 1625 à la famille Gondi, cette fois à Jean-François de Gondi, archevêque de Paris. Sous son autorité également, Saint-Cloud fut agrandi et poursuivit son développement architectural.

Les plans précis de ces travaux ne sont pas conservés. Les sources attestent néanmoins d’importants travaux de jardinage réalisés par l’ingénieur hydraulicien et architecte de jardins florentin Thomas Francine, en réalité Tommaso Francini, qui comptait parmi les principaux spécialistes des jeux d’eau en France au début du XVIIe siècle. C’est précisément cette association d’une culture de la villa d’inspiration italienne, de la mise en terrasses et d’une mise en scène de l’eau qui confère à la période des Gondi une telle importance pour l’évolution ultérieure de Saint-Cloud.[5]

À la mort de l’archevêque en 1654, Philippe-Emmanuel de Gondi hérita de la résidence familiale et la transmit presque immédiatement à son neveu Henri de Gondi, duc de Retz. Celui-ci ne conserva lui non plus la Maison de Gondi que peu de temps et vendit la propriété dès 1655 à Barthélemy Hervart. Cette vente mit fin à la véritable période Gondi de Saint-Cloud.

L’état exact du domaine au moment de cette vente ne peut aujourd’hui être reconstitué que partiellement. Plusieurs récits de voyage de la première moitié du XVIIe siècle, notamment ceux d’Élie Brackenhoffer, d’Abraham Gölnitz et de John Evelyn, qui décrivirent Saint-Cloud avant les grands travaux de Hervart, revêtent donc une valeur particulière.[6]

Les visiteurs décrivent Saint-Cloud comme une villa fortement marquée par l’Italie, avec des façades richement ornées, des motifs peints et des reliefs en stuc de bronze représentant les rois de France Charles IX, Henri III, Henri IV et Louis XIII à cheval. Ils soulignèrent particulièrement la loggia ornée de fresques, avec sa vaste vue sur la Seine en direction de Paris, ainsi que les jardins généreux avec leurs statues, jeux d’eau, fontaines, volières et grottes.[7]

Ces descriptions revêtent précisément une grande importance pour l’histoire architecturale de Saint-Cloud, car elles offrent un aperçu rare de cette phase de transition au cours de laquelle l’ancienne Maison de Gondi était déjà devenue un domaine aristocratique représentatif, sans avoir encore connu les transformations architecturales profondes que Barthélemy Hervart, puis Philippe Ier d’Orléans, allaient entreprendre. Une partie des aménagements mentionnés par les voyageurs pourrait toutefois déjà correspondre à de premières extensions et modernisations réalisées immédiatement avant ou pendant les débuts de la période Hervart.

L’association créée par la famille Gondi entre proximité de la cour, art des jardins à l’italienne, mise en terrasses, architecture hydraulique et mise en scène du paysage demeura ainsi la véritable matrice du futur Château de Saint-Cloud.

Le domaine de Barthélemy Hervart

Agrandissement fondamental et transformation en future résidence

En 1655, Saint-Cloud passa aux mains du banquier Barthélemy Hervart. Hervart était issu d’une famille protestante de banquiers originaire d’Augsbourg et appartenait à cette nouvelle élite de serviteurs de l’État et de financiers fortunés qui acquit une influence politique et économique considérable sous le gouvernement du cardinal Mazarin.[8] Dès la guerre de Trente Ans, il avait agi comme financier et payeur dans l’entourage de Bernhard de Saxe-Weimar et devint plus tard l’un des principaux bailleurs de fonds de la Couronne française. Pendant la Fronde, Hervart soutint la monarchie par d’importants crédits et accéda finalement lui-même à la fonction d’intendant, puis de Contrôleur général des finances.[9] Sa brève période de possession eut pour Saint-Cloud une importance bien plus grande que ne le laissent d’abord supposer ces quelques années.

Sous Hervart, l’ancienne Maison ne fut pas simplement remise en état, mais profondément valorisée par des agrandissements. La principale source pour cette première phase de transformation est un plan historique des jardins, qui permet de distinguer non seulement la disposition du parc, mais aussi l’état du bâtiment principal et l’agrandissement projeté qui y est représenté. Précisément parce que la documentation écrite des premières phases de construction demeure lacunaire, ce plan revêt une importance particulière pour la recherche.

Krause souligne que ce plan permet de constater une transformation nette par rapport à l’ancienne Maison de Gondi. Alors que le domaine antérieur devait être plus modeste et irrégulier, on voit désormais apparaître un corps de bâtiment représentatif, doté d’une organisation spatiale baroque. Des enfilades de pièces symétriques s’organisaient autour d’un vaste escalier placé au centre. Saint-Cloud apparaît ainsi déjà, sous Hervart, comme une résidence architecturalement organisée et non plus seulement comme une Maison constituée progressivement sur le coteau de la Seine.[10]

Les jardins subirent eux aussi des transformations profondes. Le plan montre que l’architecture, les terrasses, les ouvrages hydrauliques et les axes du jardin étaient de plus en plus conçus comme un ensemble cohérent. Hervart fit aménager de nouvelles cascades, bassins et grottes. On peut assurément rattacher à ses travaux une grande cascade, qu’il ne faut pas confondre avec la Grande Cascade plus tardive, encore conservée aujourd’hui, le Bassin du Grand Jet ainsi qu’une grotte située au-dessus de la cascade. Des sources contemporaines mentionnent en outre qu’Hervart fit conduire à Saint-Cloud des eaux provenant de Garches et de Vaucresson afin de développer le système hydraulique du parc et d’accroître la puissance des jeux d’eau.[11]

Les vues contemporaines, notamment les estampes d’Israël Silvestre, confirment l’impression d’un domaine déjà extrêmement représentatif. Sous Hervart, Saint-Cloud devint un domaine de prestige baroque dont la valeur augmenta énormément en très peu de temps. Après seulement trois ans, Hervart revendit la propriété pour 331 548 livres – plus de quatre fois et demie le prix qu’il avait payé au duc de Retz.[12]

Hervart constitue ainsi le lien décisif entre la Maison de Gondi d’inspiration italienne et la future résidence de la maison d’Orléans. En 1658, Philippe Ier d’Orléans ne prit pas possession d’une simple maison de campagne, mais d’un domaine déjà modernisé, architecturalement ambitieux et puissamment mis en scène dans le paysage. La grande phase d’agrandissement sous Monsieur ne partit donc pas de zéro, mais monumentalisa une évolution qui avait déjà commencé de manière manifeste sous Hervart.

Le Château de Philippe Ier d’Orléans

Saint-Cloud devient la résidence du frère de Louis XIV

Avec l’acquisition du Château de Saint-Cloud pour Philippe Ier d’Orléans, commença en 1658 la phase d’agrandissement la plus importante de l’histoire du château. Le futur duc d’Orléans reçut la résidence à l’âge de dix-huit ans seulement de son frère Louis XIV, après que Barthélemy Hervart eut transformé la propriété, quelques mois auparavant à peine, en un domaine de prestige ultramoderne.[13]

Le contexte précis de cette acquisition demeure finalement obscur dans les sources. La recherche suppose toutefois régulièrement que le cardinal Jules Mazarin et la reine mère Anne d’Autriche voulurent délibérément créer pour Philippe à Saint-Cloud un lieu de vie représentatif, mais situé à distance du centre immédiat de la cour. Dès son jeune âge, Monsieur passait pour une personnalité particulièrement indépendante et difficile à contrôler, dont l’entourage proche de favoris et de courtisans donnait régulièrement lieu à des rumeurs sur son homosexualité, à des intrigues et à des scandales. Saint-Cloud pouvait ainsi être compris non seulement comme un cadeau prestigieux, mais aussi comme un moyen d’inscrire davantage Philippe dans un rôle conforme à son rang, celui d’un grand propriétaire et bâtisseur aristocratique.

La reconstitution des premières étapes de la propriété est compliquée par le fait que le contrat d’acquisition proprement dit entre Barthélemy Hervart et la cour n’est aujourd’hui plus conservé. On peut toutefois reconstituer avec une certaine certitude que le Château de Saint-Cloud fut acquis en octobre 1658 par Louis XIV, ou par l’intermédiaire du cardinal Mazarin, pour Philippe Ier d’Orléans. Le prix d’achat indiqué par les sources oscille entre 240 000 et 331 548 livres.

La date exacte de l’acquisition reste elle aussi incertaine. Le 25 octobre 1658 est fréquemment avancé, quelques semaines après un grand festin qu’Hervart donna à Saint-Cloud en l’honneur du roi, de son frère Philippe, d’Anne d’Autriche et de Mazarin. Les récits contemporains de la très fiable Gazette indiquent cependant que la propriété était déjà aux mains de Monsieur auparavant. Ainsi, la Gazette de Paris rapporta dès le 19 octobre 1658 une visite d’Anne d’Autriche et d’Henriette d’Angleterre « dans la belle maison de Monsieur, qui appartenait auparavant à M. Hervart ». Cela tendrait à indiquer que l’acquisition avait déjà eu lieu au début du mois d’octobre, voire immédiatement après les premières réunions à Saint-Cloud. Des datations plus tardives, au printemps 1659, paraissent dès lors peu vraisemblables.

Une autre date d’acquisition possible est également donnée par l’ouvrage Curiositées de Paris, de Versailles, Marly, Vincennes, Saint-Cloud, et des Environs de 1771, qui date l’acquisition du 8 octobre 1658. Indépendamment de ces incertitudes de détail, Saint-Cloud se trouvait ainsi de nouveau, après près d’un siècle, entre les mains de la famille royale.

Philippe, généralement désigné simplement comme « Monsieur » à la cour, était le frère cadet du roi et l’une des figures les plus marquantes de la vie de cour française. Saint-Cloud lui offrait une scène où il pouvait rendre visibles son rang, son goût, sa proximité dynastique et son autonomie personnelle. Le domaine devint l’une des plus somptueuses résidences aristocratiques de France.

De nombreux achats de terrains firent passer la propriété d’environ douze hectares en 1658 à près de quatre cents hectares à la mort du duc en 1701 – une superficie qui correspondait déjà à peu près à celle de l’actuelle Domaine national de Saint-Cloud.[14] Cette expansion transforma fondamentalement la signification de Saint-Cloud. D’une Maison de haut rang, le domaine devint un vaste territoire de cour.

De nombreux architectes, artistes et concepteurs de jardins travaillèrent au projet. Le Corps-de-Logis fut notamment agrandi et profondément remanié sur le plan architectural. Les façades s’inspirèrent de plus en plus du langage monumental de représentation qui caractérisait également les grandes résidences royales de l’époque. À l’intérieur furent aménagés des appartements, galeries et salons richement décorés.

Parallèlement à l’agrandissement du château, Philippe Ier d’Orléans fit également considérablement développer les jardins. André Le Nôtre aménagea terrasses, parterres, cascades et ouvrages hydrauliques monumentaux. Antoine Le Pautre reçut en outre la mission d’édifier, entre 1660 et 1664, un buffet d’eau monumental, identifié à la partie supérieure de la future Grande Cascade.[15]

La Galerie d’Apollon, au premier étage de l’aile nord, devint particulièrement célèbre. Elle comptait parmi les créations spatiales les plus spectaculaires du Grand Siècle français et soulignait de manière impressionnante l’ambition représentative de la maison d’Orléans. Krause souligne que les programmes décoratifs de Saint-Cloud se distinguaient délibérément des décors davantage liés à la représentation de l’État à Versailles. Alors que Charles Le Brun y mettait en scène le pouvoir et les triomphes politiques de Louis XIV, Saint-Cloud était dominé par un langage pictural plus ludique et marqué par la mythologie, celui de Pierre Mignard.[16]

C’est précisément ce qui rend Saint-Cloud particulièrement intéressant pour l’histoire de Versailles. La Galerie d’Apollon existait avant la célèbre Galerie des Glaces et fut extraordinairement admirée par ses contemporains. Elle ne fut pas à proprement parler un « modèle » direct de la Galerie des Glaces, mais constituait bien un espace de galerie précoce et de haut rang appartenant à cette culture de représentation de cour dans laquelle Versailles allait également trouver sa forme définitive.

Que Saint-Cloud ait pu représenter un certain défi pour Louis XIV est plausible, mais doit être formulé avec prudence. Comme Vaux-le-Vicomte auparavant, la résidence du duc d’Orléans montrait elle aussi avec quelle sensibilité le roi réagissait aux formes concurrentes de représentation aristocratique. L’intégration étroite de Monsieur dans la vie de cour à Versailles répondait en même temps à l’objectif politique du roi de retenir à la cour les membres les plus éminents de la haute noblesse et de limiter leur autonomie.[17]

À la différence de Versailles, Saint-Cloud demeura, malgré son faste, davantage marqué par l’idée d’une maison de plaisance aristocratique. Le domaine associait représentation de cour et ouverture paysagère et permettait à Monsieur une vie de cour plus libre et plus privée. Krause insiste particulièrement sur l’effet de la situation topographique au-dessus de la Seine : plutôt qu’une monumentalité strictement plane, Saint-Cloud offrait une relation animée entre architecture, terrasses, art des jardins et espace paysager.[18]

Cette dimension plus libre et davantage marquée par le paysage de Saint-Cloud apparaît particulièrement à travers Élisabeth Charlotte d'Orléans, mieux connue en allemand sous le nom de Liselotte du Palatinat. Depuis son mariage avec Philippe Ier d’Orléans en 1671, elle était durablement liée au Château et devint l’une des voix contemporaines les plus importantes sur la vie dans la résidence de la maison d’Orléans.[19] Dans ses lettres, Saint-Cloud apparaît non seulement comme un château représentatif, mais comme un lieu de séjour privilégié qui lui offrait, par rapport à Versailles, une plus grande liberté personnelle, une proximité plus forte avec le paysage et une atmosphère de cour moins oppressante.[20]

La vaste correspondance de Liselotte possède précisément aujourd’hui une valeur exceptionnelle pour l’étude du Château de Saint-Cloud. Ses lettres ne transmettent pas seulement des impressions de la vie quotidienne à la cour et des tensions sociales à la cour de Louis XIV, elles documentent également l’usage des appartements, l’atmosphère de la résidence, les jardins ainsi que la vie au sein de la maison d’Orléans avec une immédiateté rare.[21] Une part importante de ces lettres fut rédigée pendant ses séjours à Saint-Cloud et compte aujourd’hui parmi les principaux ego-documents de la vie de cour française à la fin du XVIIe siècle.[22]

Le Château de Marie-Antoinette

Saint-Cloud à la veille de la Révolution française

Après la mort de Philippe Ier d’Orléans, Saint-Cloud resta pendant des décennies aux mains de la maison d’Orléans. Parallèlement, les rois de France utilisèrent régulièrement le château pour des séjours de chasse et des déplacements de cour. Le Château, bien aménagé, offrait à la famille royale et aux grandes parties de chasse un hébergement confortable.

Ce n’est que le 24 octobre 1784 que la propriété revint directement à la Couronne française. Louis XVI l’acquit pour son épouse Marie-Antoinette auprès du propriétaire de l’époque, Louis-Philippe d’Orléans, dit « le Gros », pour la somme considérable de 6 000 000 de livres. Le duc avait dernièrement utilisé Saint-Cloud comme lieu de retraite après son mariage morganatique avec Charlotte Jeanne Béraud de La Haye de Riou, marquise de Montesson.

Pour Marie-Antoinette, Saint-Cloud revêtait une importance particulière. Contrairement à Versailles, le château offrait davantage de liberté spatiale et une plus grande distance à l’égard des cérémonies rigides de la cour. Entre 1787 et 1788, elle fit notamment agrandir et transformer le Corps-de-Logis et l’aile sud. Les façades donnant sur les jardins reçurent une apparence conforme au goût du temps, de nouveaux appartements furent aménagés et une nouvelle Chapelle Royale fut également construite. Richard Mique, l’un des architectes les plus importants de l’entourage de la reine, en fut responsable.

Ces transformations interviennent dans une période de tensions politiques croissantes. Les projets de construction coûteux de Marie-Antoinette furent de plus en plus interprétés comme la preuve d’un prétendu gaspillage. Les recherches récentes portent toutefois sur ces espaces un regard plus nuancé : Saint-Cloud ne représente pas seulement le luxe, mais aussi l’évolution des modes d’habiter aristocratiques à la fin de l’Ancien Régime. Les espaces cérémoniels de représentation cédèrent progressivement la place à des formes d’habitat plus privées, plus confortables et davantage individualisées.[23]

En 1790 encore, la famille royale séjourna par intermittence à Saint-Cloud. C’est là qu’eut lieu une rencontre secrète entre Marie-Antoinette et le comte de Mirabeau. Cet orateur éloquent du tiers état, président du club des Jacobins puis président de l’Assemblée nationale, proposa ses services à la cour en échange de garanties financières. La reine se méfiait certes de lui, mais la rencontre dans le parc de Saint-Cloud montre de manière saisissante à quel point ce lieu devint, dans les dernières années de la monarchie, également un espace d’incertitude politique.

Après la Révolution

Consulat, Empire et Second Empire

Même après la Révolution française, Saint-Cloud resta une résidence importante des souverains français. Lors du coup d’État du 18 Brumaire an VIII, Napoléon Ier y fit dissoudre le Conseil des Cinq-Cents, mettant ainsi fin au Directoire. Le 18 mai 1804, sa proclamation comme empereur des Français eut finalement lieu au Château de Saint-Cloud.

Les transformations architecturales sous Napoléon Ier restèrent relativement modérées. Saint-Cloud prit néanmoins de plus en plus le caractère d’une résidence impériale. Une nouvelle salle du trône fut notamment aménagée dans la Salle de Vénus. Sous Napoléon III, le château joua de nouveau un rôle central. Avec l’impératrice Eugénie, l’empereur y tint régulièrement cour.

Eugénie fit adapter plusieurs appartements et salons au goût du Second Empire. La transformation de la chambre historique d’Henriette d’Angleterre, première épouse de Philippe Ier d’Orléans, en un salon de style Louis-seize est particulièrement révélatrice. Dans le même temps, les transformations ordonnées sous Napoléon III entraînèrent plutôt une réduction de l’ensemble : en 1862, il fit démolir l’Orangerie et la Salle de Théâtre, accolées au nord-ouest au Corps-de-Logis depuis les agrandissements de Mansart.

Une description de 1864 permet de mesurer les dimensions considérables du domaine peu avant sa destruction. Le parc couvrait 392 hectares. Le château et ses dépendances comprenaient, outre les appartements de l’empereur et de l’impératrice, 45 Appartements de maître, 600 suites, des écuries pour 232 chevaux, des remises pour 20 voitures ainsi qu’un corps de garde composé de 180 fantassins et 34 cavaliers. À cela s’ajoutait la caserne des Gardes du Corps, avec 1 500 fantassins et 150 cavaliers supplémentaires.[24]

Ainsi, jusqu’à la veille de 1870, Saint-Cloud n’était pas un simple souvenir historique, mais une résidence en activité de rang impérial. Sa destruction ne signifia donc pas seulement la perte d’un ancien château, mais la disparition d’un centre politique et de cour encore utilisé.

La destruction du Château de Saint-Cloud

La Prusse et la France en guerre

Depuis Saint-Cloud, Napoléon III déclara la guerre au roi de Prusse Guillaume Ier le 28 juillet 1870. Pendant la guerre franco-prussienne, les troupes prussiennes et bavaroises occupèrent, le 19 septembre 1870, les hauteurs autour de Paris et utilisèrent le Château de Saint-Cloud comme quartier général.

Le 13 octobre 1870, cette position fut soumise, pendant les combats autour de Châtillon, à un bombardement prolongé et intense par les défenseurs de Paris stationnés au Mont Valérien. Le château fut touché et prit feu. En raison des combats qui se poursuivaient, il était impossible d’éteindre l’incendie ; l’ensemble du bâtiment, avec ses trois ailes, brûla jusqu’aux fondations.

L’incendie entraîna non seulement la perte des bâtiments eux-mêmes, mais aussi celle du décor artistique des salons, appartements et salles d’apparat. Boiseries, travaux de stuc, sculptures et précieuses peintures de plafond datant de plusieurs siècles furent détruits, notamment le décor de la célèbre Galerie d’Apollon. Seuls quelques éléments de l’inventaire furent conservés, l’impératrice Eugénie ayant pris la précaution de les mettre à l’abri dès la déclaration de guerre.[25]

La ruine incendiée subsista encore une vingtaine d’années. Privée de toitures et de planchers intermédiaires, elle était exposée sans protection aux intempéries et se dégradait de plus en plus. En 1891, les murs encore subsistants furent finalement démolis. Certains fragments architecturaux du Château de Saint-Cloud furent néanmoins conservés. Le fronton de l’aile nord passa, par l’intermédiaire de Clémentine d’Orléans, fille de Louis-Philippe Ier, au prince héritier de Bulgarie puis au tsar Ferdinand Ier, qui l’intégra à sa résidence d’été d’Euxinograd, sur la mer Noire.[26] Il semble également qu’un fronton de l’aile sud ait été conservé ; il se trouve aujourd’hui dans le Parc et Château de Jeurre, en Île-de-France. Au XIXe siècle, plusieurs fragments architecturaux historiques provenant de châteaux français furent intégrés à l’architecture du parc.[27]

Sept figures conservées de l’ancien décor de façade revêtent en outre une importance particulière. Sept statues, attribuées au sculpteur Guillaume Cadaine, sculpteur de Philippe Ier d’Orléans, survécurent à l’incendie, aux pillages et à la démolition ultérieure des ruines. Les figures allégoriques représentent notamment Mercure, Bacchus ainsi que les Muses Calliope et Terpsichore et appartenaient à l’origine au programme décoratif du Château de Saint-Cloud. Après l’incendie de 1870, les sculptures endommagées furent certes en partie mutilées et vandalisées, mais échappèrent à la vente des matériaux lors de la démolition définitive des ruines en 1892.[28]

Ces figures se trouvent aujourd’hui dans les collections historiques et le musée du Domaine national de Saint-Cloud. Elles comptent parmi les derniers vestiges directement conservés du château détruit et possèdent à ce titre une valeur documentaire exceptionnelle pour la reconstitution du domaine disparu.[29]

Domaine national de Saint-Cloud

Un château disparu dans des jardins préservés

Du Château de Saint-Cloud lui-même, seuls subsistent aujourd’hui des fondations et des vestiges de terrasses. Le château proprement dit a presque entièrement disparu du paysage urbain. En revanche, le vaste parc historique a été conservé, l’actuelle Domaine national de Saint-Cloud. Avec ses terrasses, ses bassins, ses cascades, ses fontaines, ses perspectives et ses statues, le domaine compte encore aujourd’hui parmi les ensembles de jardins les plus importants de France.

C’est précisément ce contraste qui rend Saint-Cloud si remarquable aujourd’hui : alors que le château a disparu, l’architecture paysagère et l’art des jardins des XVIIe et XVIIIe siècles ont été conservés pour une large part. Le Domaine national permet donc encore de percevoir les dimensions et l’effet représentatif de l’ancienne résidence.

Des efforts pour reconstruire le Château de Saint-Cloud existent encore aujourd’hui. L’association française Association Reconstruisons Saint-Cloud s’engage notamment depuis des années en faveur de la reconstruction du domaine. Le projet s’inscrit dans un débat plus large sur la reconstruction, la conservation du patrimoine et la manière d’aborder l’architecture disparue. Des projets de reconstruction numérique et des modèles virtuels tentent désormais de rendre le domaine disparu à nouveau perceptible, au moins en partie.[30]

Saint-Cloud dans la collection

Objets, documents et sources iconographiques de la Collection Louis de France

L’histoire du Château de Saint-Cloud disparu ne se perpétue pas seulement dans l’actuel Domaine national. Des objets, documents et sources iconographiques conservés gardent également la trace de ce lieu, de ses propriétaires, de son importance politique et de la culture de la mémoire qui s’est développée par la suite. La sélection suivante présente des pièces de la Collection Louis de France qui élargissent le contexte thématique de cette page tout en offrant un accès matériel direct à l’histoire de Saint-Cloud.

LdF GR-0020 | vers 1655

Chasteau de Saint-Cloud

Gravure de C. Merian (d’après I. Silvestre) représentant la Maison de Gondi d’origine vue du sud.
LdF GR-0024 | vers 1655/71

Veuë de la Maison de St. Clou

Gravure d’Israël Silvestre offrant une vue méridionale du château de Saint-Cloud (Maison de Barthélemy Hervart), tirée des Vues de St Cloud.
LdF GR-0011 | 1702

Derrière du Château de Saint-Cloud

Le Château Saint-Cloud, Liv. IV. De la Trigonometrie, Planche XVI. Gravure tirée de La Géometrie Pratique d’Alain Manesson Mallet.
LdF GR-0022 | 1722

Vue du Château de Saint-Cloud depuis la cour d’honneur

Gravure d’Antoine Herisset (d’après Delamonce), tirée de Nouvelle Description De La France de Piganiol de la Force.
LdF BÜ-0012 | 1742

Vue du Château de Saint-Cloud depuis la cour d’honneur

Gravure tirée de Curiosités de Paris, de Versailles, Marly, Vincennes, Saint-Cloud - Tomé 2 de Pigagniol de la Force et Saugrin.
LdF ms BR-0003 | 1788

La Bouche du Roi

Compte de la maison bouche de Louis XVI établi à Saint-Cloud pour le trimestre d’octobre 1787 et ordre de paiement.
LP-0064 | 1794

Conservation des anciennes résidences royales

Décret révolutionnaire N° 2346 relatif à la conservation de Saint-Cloud, Bellevue, Mousseaux, Le Rincy, Versailles, Bagatelle, Sceaux, Isle Adam et Vanvres.
LdF GR-0023 | 1871

Incendie du Château de Saint-Cloud

Estampe du château en flammes provenant d’un périodique illustré allemand ou prussien.
LdF FA-0070 | 1871/75

Palais de Saint-Cloud incendié

CDV/tirage albuminé d’une photographie de l’aile dite de l’Orangerie de Mique, détruite.
LdF FA-0034 | 1871/91

Ruines du Château de Saint-Cloud

CDV/tirage albuminé d’une photographie de l’aile sud et du Corps de Logis détruits.
LdF FA-0012 | vers 1900/10

Saint-Cloud – Chateau bati sous Louis XIV, vers 1660 …

Vue de l’aile sud intacte et du Bassin du Fer à Cheval.
LdF FA-0013 | vers 1900/10

Veüe du Château de Saint-Cloud, côté de la grande Avenue …

Reproduction d’une gravure de Rigaud datant de 1730.
LdF FA-0014 | vers 1900/10

Vue du Château de Saint-Cloud du côte de l´Orangerie

Carte postale reproduisant une gravure de Rigaud datant de 1730.
LdF FA-0028 | 1900/10

La Cour d’honneur

Carte postale reproduisant une estampe de la première moitié du XIXe siècle, montrant le Corps de Logis vu depuis la cour d’honneur.
LdF FA-0029 | 1900/10

Saint-Cloud – Les Ruines du Palais

Carte postale reproduisant une photographie ancienne de l’ensemble du château détruit, vue depuis la cour d’honneur sécurisée.
LdF FA-0030 | 1900/10

Parc de Saint-Cloud – Les Ruines du Palais

Carte postale reproduisant une photographie ancienne du Corps de Logis et de l’aile nord détruits.
LdF FA-0031 | 1900/10

Ruines du Château de St. Cloud

Carte postale reproduisant une photographie ancienne de l’aile sud détruite et du Bassin du Fer à Cheval conservé, vue du sud.
LdF FA-0043 | vers 1900/10

Ruines de la chapelle du Château de Saint-Cloud.

Carte postale reproduisant une photographie ancienne de la chapelle détruite après l’incendie de 1870.
LdF FA-0057 | 1900/10

Château bâti vers 1660, incendié en octobre 1870

Carte postale reproduisant une photographie ancienne du bâtiment principal et de l’aile sud détruits, ainsi que du Bassin du Fer à Cheval conservé, vus du sud.
LdF FA-0058 | 1900/10

Ruines de l’Escalier d’Honneur

Carte postale reproduisant une photographie ancienne de l’Escalier d’Honneur détruit du château de Saint-Cloud.
LdF FA-0019 | 1901

Les Ruines du Palais

Carte postale reproduisant une photographie ancienne du Corps de Logis et de l’aile nord détruits.
LdF FA-0009 | vers 1900/20

Carte postale : Château de Saint-Cloud

Reproduction d’une gravure de Rigaud datant de 1730.
LdF FA-0010 | 1900/20

Emplacement de l’ancien Château

Carte postale reproduisant une photographie ancienne de l’ancien emplacement du château.

Sources et bibliographie utilisées, entre autres

[1]Queen Victoria, citée d’après : Pages du journal de la reine Victoria : souvenirs d’un séjour à Paris en 1855, Paris, Le Promeneur, 2008, S. 136.

[2]Voir Association Reconstruisons Saint-Cloud, présentation historique des débuts de Saint-Cloud et de l’évolution du nom de Novigentum à Nogent, puis à Saint-Cloud.

[3]Katharina Krause, Die Maison de plaisance. Landhäuser in der Île-de-France (1660–1730), Deutscher Kunstverlag, München/Berlin 1996, S. 96–109.

[4]Ibid., S. 96–97.

[5]Ibid., S. 97–101.

[6]Élie Brackenhoffer, Voyage en France 1643–1644; Abraham Gölnitz, Le Dauphiné et la Maurienne au XVIIe siècle. Extraits du voyage d’Abraham Gölnitz; John Evelyn, The Diary of John Evelyn.

[7]Voir les récits de voyage de Brackenhoffer, Gölnitz et Evelyn concernant l’aménagement et la perception de Saint-Cloud avant les grands travaux de Barthélemy Hervart.

[8]Claude Dulong, Banquier du roi : Barthélemy Hervart (1606–1676), Paris 1951.

[9]Daniel Dessert, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Paris, Fayard 1984; Claude Dulong, Mazarin et l’argent : banquiers et prête-noms, Paris 2002.

[10]Katharina Krause, Die Maison de plaisance. Landhäuser in der Île-de-France (1660–1730), München/Berlin 1996, S. 101–105.

[11]Michel Jean, Les architectes de l’eau en Provence. De la Renaissance au XXe siècle, Actes Sud, Arles 2011; Raphaël Morera, L’assèchement des marais en France au XVIIe siècle, Rennes 2011.

[12]Voir la présentation historique de la phase de construction de Barthélemy Hervart ; pour l’interprétation des premières phases de construction, voir Krause, Die Maison de plaisance, S. 101–105.

[13]Bernard Chevallier, Le Palais de Saint-Cloud, Éditions du Patrimoine / Centre des Monuments Nationaux, Paris 2015, S. 4.

[14]Ibid., S. 4.

[15]Ibid., S. 4.

[16]Katharina Krause, Die Maison de plaisance. Landhäuser in der Île-de-France (1660–1730), München/Berlin 1996, S. 106–109.

[17]Norbert Elias, Die höfische Gesellschaft. Untersuchungen zur Soziologie des Königtums und der höfischen Aristokratie, Frankfurt am Main 1983, insbesondere S. 87–148.

[18]Katharina Krause, Die Maison de plaisance. Landhäuser in der Île-de-France (1660–1730), München/Berlin 1996, S. 97–101.

[19]Dirk Van der Cruysse, Madame sein ist ein ellendes Handwerck. Liselotte von der Pfalz – eine deutsche Prinzessin am Hof des Sonnenkönigs, München 2010.

[20]Wilhelm Ludwig Holland (Hg.), Liselotte von der Pfalz. Briefe der Herzogin Elisabeth Charlotte von Orléans aus den Jahren 1676–1722, Stuttgart 1874–1881.

[21]Sigrid von der Gönna, „Liselotte von der Pfalz und ihre Briefe als Quelle höfischer Alltagsgeschichte“, in: Francia 31 (2004), S. 135–158.

[22]Voir les fonds historiques de Heidelberg – édition numérique des lettres de Liselotte du Palatinat, Bibliothèque universitaire de Heidelberg.

[23]Voir sur la culture aristocratique de l’habitat et des loisirs dans les résidences de campagne françaises Krause, Die Maison de plaisance, S. 96–97 ainsi que S. 103–105.

[24]Description contemporaine du domaine en 1864, citée d’après la présentation historique du Château de Saint-Cloud.

[25]Voir Bernard Chevallier, Le Palais de Saint-Cloud, Paris 2015; ainsi que les vues contemporaines, photographies et inventaires du XIXe siècle documentant les intérieurs disparus.

[26]Voir Bernard Chevallier, Le Palais de Saint-Cloud, Paris 2015; pour la conservation actuelle des fragments architecturaux, voir également les ressources historiques de le Domaine national de Saint-Cloud.

[27]Voir, concernant la réutilisation de fragments architecturaux historiques au Parc et Château de Jeurre, la présentation historique qui lui est consacrée ainsi que les indications comparables de la recherche sur le devenir de l’architecture castrale française au XIXe siècle.

[28]Voir Domaine national de Saint-Cloud, indications concernant les statues conservées de l’ancien décor de façade et l’histoire ultérieure des fragments du château.

[29]Voir Domaine national de Saint-Cloud, collections historiques et médiation muséale consacrées aux sculptures et fragments conservés du Château de Saint-Cloud détruit.

[30]Voir les projets actuels de médiation de le Domaine national de Saint-Cloud consacrés à la mémoire du château ainsi que les démarches de l’Association Reconstruisons Saint-Cloud en faveur de sa reconstruction.


Vers les sources et la bibliographie